A la mi-juillet je reçois, d’une personne amie (un immense merci à elle), une photo présentant un trio de poussins de foulques macroules. Aussitôt me voilà accrochée par la nouvelle et je me rends donc dès le lendemain sur les lieux indiqués. A peine arrivée je localise, près de la zone décrite, une couvée de quatre poussins fraichement sortis de l’oeuf. Me voilà donc à les surveiller de près pour pouvoir tirer le portrait du poussin qui m’a attiré sur ce plan d’eau. Lorsque cette personne amie me rejoins, je lui signifie qu’il y a quatre poussins et qu’ils sont tous de taille égale alors qu’elle m’avait spécifié que le poussin blanc était vraiment plus petit que les deux autres.

Première semaine: poussin leucique de la fratrie de quatre tout juste nés

Dans l’après midi, nous décidons de faire le tour du plan d’eau juste pour le plaisir. Et là, surprise pour nous deux. Nous voilà face à une fratrie de trois poussins de foulques avec effectivement un poussin blanc nettement plus petit que les deux autres. Incroyable, deux poussins de foulques leuciques sur le même plan d’eau!

Première semaine: poussin leucique de la fratrie de trois, de quelques jours plus âgé

Clairement la couvée de trois poussins est plus âgée de quelques jours que la celle de quatre poussins. Nous constatons également que les parents des plus jeunes sont très attentionnés face à leur progéniture et les nourrissent abondamment sans distinction de couleur. Quand aux parents des trois, c’est le poussin le plus « goinfre » qui est le plus souvent nourri. Donc de trois poussins il y a trois tailles, différences qui va perdurer encore bien des semaines.

Les deux photos ci-dessous ont été faites une semaine plus tard.

Deuxième semaine: deux des poussins de la fratrie de quatre
Deuxième semaine: deux des poussins de la fratrie de trois (le poussin noir est le second en taille)

Il est a noter que le poussin leucique de la fratrie de trois a eu l’extrême chance de naitre en un lieu ou il n’y a ni prédateurs venant du ciel ni prédateurs dans l’eau. Ce poussin a beaucoup de mérite d’être encore en vie et d’avoir prospéré. Par la force des choses il a dû être autonome très tôt et ne doit donc sa survie en grande partie grâce à lui-même et sa volonté. En effet, étant négligé par des parents peu équitables, il a déjà dû chercher lui-même sa nourriture alors qu’il n’était encore qu’un tout petit poussin. Ses parents, très peu attentionnés (première couvée et donc pas d’expérience?), l’oubliait régulièrement et partaient avec les deux autres ou passaient devant lui pour nourrir un des deux autres alors que lui aussi réclamait sa part.

Lors de ma dernière visite, les poussins avaient presque deux mois et une taille au 2/3 de celle des adultes. Les deux jeunes foulques leuciques ont désormais un plumage gris. Les parents de la couvée de quatre étaient toujours aussi attentionnés et prêts à distribuer de la nourriture à leur progéniture lorsque celle-ci réclamait, bien que la majorité du temps les jeunes se nourrissaient par eux-même. Dans l’autre famille, j’ai pu constater la même disparité de traitement même si la différence de taille entre les trois poussins était désormais moins flagrante, le jeune foulque leucique ayant presque rattrapé son retard.

Deux mois: jeune foulque macroule leucique de la couvée de quatre
Deux mois: jeune foulque macroule leucique de la couvée de trois

Pour avoir un poussin leucique dans deux couvées différentes sur le même plan d’eau très isolé avec une naissance quasi simultanée, il est fort à parier qu’un des parents de chacune de ses couvées ait un lien de parenté: fratrie ou descendance. En tout cas le gène est bien présent. Longue vie à ces deux oiseaux un peu spéciaux.

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