En décembre-janvier a lieu l’accouplement des renards. Après une gestation de 50-53 jours la renarde met bas en général 4-5 petits sourds et aveugles (souvent dans un terrier creusé par des blaireaux) . Elle va rester avec ses petits durant les deux premières semaines jusqu’à ce qu’ils soient capables de réguler leur température. Le mâle, se charge alors de la nourriture qu’il dépose à l’entrée du terrier car il n’est pas toléré à l’intérieur. Les renardeaux sont exclusivement allaités jusqu’à environ trois semaines. Leurs dents sortant vers 18 jours, ils commencent alors à manger de la viande tout d’abord régurgitée par l’adulte puis passe progressivement à la nourriture solide. Les renardeaux sont sevrés à six semaines.

A la mi-Avril, j’ai repéré une renarde et quelques uns de ces rejetons aux jumelles et à une distance plus que respectable. Ce n’est que le 22 Avril que j’ose, toujours de très loin et en prenant mille précautions prendre une première photo (ci-dessous et passablement recadrée). Ils sont encore très jeunes car leur pelage est bien sombre.

Il m’a fallu encore bien patienter avant de pouvoir observer les petits sans leur mère et c’est le 3 Mai que je peux enfin approcher le terrier en l’absence d’adulte à proximité et observer la portée de huit renardeaux (la renarde possède huit mamelles). Une des rares fois d’ailleurs où je les verrais tous ensemble à l’extérieur.

Plutôt tranquilles au début et vite effarouchés, se réfugiant dans le terrier au moindre bruit, un oiseau qui passe, une ombre ou…rien du tout, ils sont très attentifs au monde extérieur qu’ils découvrent : un caillou qui roule, un papillon posé quasi au bout du nez, une limace se promenant….

Je vais les retrouver nettement plus turbulents une semaine plus tard. Les renardeaux grandissent vite en taille, curiosité et assurance. Les caractères sont déjà bien marqués entre les timides qui ne sortent quasi pas quand que je suis là et les chahuteurs décomplexés qui se moquent bien de ma présence.

Rapidement les voilà qui explorent les alentours, allant même jusqu’à découvrir un campagnol probablement caché là par un adulte. Là, le jeu est terminé, c’est la foire d’empoigne pour le casse-croute. Le petit mâle étant un peu plus costaud que sa soeur, il lui vole son butin qu’il va manger à l’écart. L’apprentissage est rude. Sans rancune elle se remet à jouer avec le voleur dès son retour.

Au fil du temps on constate aussi que le pelage passe du brun sombre au roux et que leur museau s’allonge.

Une seule fois, j’ai eu la chance de voir la maman sortir du terrier. Elle a plutôt l’air en bonne forme malgré l’ampleur de la tâche à accomplir. Est-elle aidée par d’autres adultes ? Je l’espère pour elle. Les renards vivent en groupe de plusieurs femelles mais il n’y en a généralement qu’une qui se reproduit.

En cette période de nourrissage intense, il n’est pas rare d’observer ces mères courageuses en pleine journée. Elles sont plus faciles à repérer lorsqu’elles chassent à découvert dans les foins fraichement coupés ou les proies sont plus aisées à capturer.

La photo ci-dessous a été prise dans un champ de céréales, l’animal se déplace dans une coulée faite par les roues du tracteur lors de traitements.

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